Faut-il remplacer un ancien amalgame dentaire ?
Les amalgames dentaires, parfois appelés « plombages », ont longtemps été utilisés pour restaurer les dents postérieures. Ils contiennent un alliage de métaux associé au mercure. Leur présence peut susciter des questions, mais un amalgame ancien, stable, fonctionnel et bien toléré n’a pas vocation à être retiré systématiquement.
Pourquoi ne pas les déposer systématiquement ?
Selon le ministère français de la Santé, l’exposition au mercure liée aux amalgames en place reste très inférieure aux seuils associés à des effets toxiques. Les données disponibles ne permettent pas d’établir un lien rigoureux entre un amalgame en bon état et des effets généraux sur la santé.
La dépose est en outre le moment où l’exposition au mercure peut être la plus élevée. Elle enlève également une partie de tissu dentaire et peut fragiliser davantage une dent déjà restaurée. Le bénéfice attendu doit donc être mis en balance avec ces contraintes.
Dans quels cas un remplacement peut-il être indiqué ?
Le dentiste peut proposer le remplacement lorsqu’il constate par exemple :
- une carie autour ou sous l’obturation ;
- une fracture, une fissure ou une perte d’étanchéité ;
- une douleur ou une sensibilité dont la cause a été identifiée ;
- une restauration devenue inadaptée à un projet de soin plus large ;
- une situation individuelle particulière, après évaluation clinique.
Selon la quantité de dent restante et les contraintes mécaniques, la nouvelle restauration peut être réalisée en composite, en céramique ou par une autre solution. Le choix n’est pas uniquement esthétique : il dépend surtout de la localisation, du volume à restaurer et de l’occlusion.
Ce qui a changé dans la réglementation
Depuis le 1er janvier 2025, le règlement européen interdit en principe l’utilisation de nouveaux amalgames dentaires dans l’Union européenne, sauf lorsque le praticien les juge strictement nécessaires en raison de besoins médicaux particuliers. Cette évolution vise principalement à réduire l’usage et les rejets environnementaux de mercure ; elle ne signifie pas que toutes les restaurations anciennes doivent être déposées.
En pratique
Si votre amalgame ne présente aucun problème, une surveillance lors des contrôles peut suffire. S’il est altéré ou si la dent est symptomatique, un examen clinique et, si nécessaire, une radiographie permettent de discuter les options. La décision se prend dent par dent, après information sur les bénéfices, les risques et le coût.
Sources officielles : Ministère français de la Santé — précautions d’emploi des amalgames dentaires ; règlement (UE) 2024/1849.
